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Rencontre avec des femmes entrepreneurs du bâtiment
Sébastien Remacle, le vendredi 08 mars 2019 à 09:13
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Encore peu présentes dans le secteur du bâtiment et de la construction, certaines femmes ont pourtant fait le choix de se lancer dans un métier dit « d'homme ». Face aux critiques et aux difficultés, elles restent pourtant motivées et positives, et souhaitent dépoussiérer le mythe des métiers typés « masculins ».

 

Aujourd’hui, en Belgique, le secteur de la construction ne compte seulement que 0,9% de femmes, et seulement 0,5% en Wallonie.

En cette journée internationale de la femme, nous avons souhaité mettre à l'honneur les entrepreneuses membres de la communauté TrustUp.be.

Nous avons rencontré Sandrine Kelecom, de la société KS Décor, peintre en bâtiment en région liégeoise et Nathalie Wynants, des Etablissements Wynants, spécialisés en toitures depuis plus de 40 ans.

 

A la question de savoir pourquoi elles se sont lancées dans un métier du bâtiment, nous pouvons constater que les raisons peuvent être très diverses. En effet, pour Nathalie Wynants, cela s’est plutôt fait par la force des choses :

« Personnellement, je n'ai pas choisi ce métier. C'est plutôt le métier qui m'a choisi. Après l'accident de mon frère, je suis montée sur les toits avec mon père, alors gérant de l'entreprise. J'ai appris le métier de couvreur, et je l'ai apprécié. Et maintenant que je travaille dans les bureaux, après tant d'années sur les toits, ça me manque ».

 

Pour Sandrine Kelecom, tout part d’une véritable passion :

« J'ai un jour attaqué moi-même la rénovation d'un bâtiment et j'y ai pris goût. Je ne me suis pas posée de questions sur les difficultés que j'allais affronter. Je me suis juste dit que j'aimerais me lancer en tant que peintre en bâtiment ou en tant que carreleur, et j'ai opté pour la peinture, le carrelage étant extrêmement physique (encore plus que la peinture). J'ai quitté mon job, j'ai fait une formation en peinture de bâtiment puis je me lancée comme indépendante. Mon goût pour ce métier ne vient donc pas d'un gène familial, mais plutôt d'une passion ».

« Les gens sont étonnés de rencontrer une femme »

Nous pouvons ensuite bien imaginer qu’en tant que femme, le quotidien en tant qu’entrepreneur dans le bâtiment doit être un peu différent :

« A chaque fois que je me rends sur un chantier pour réaliser un devis ou rencontrer un client, c'est comme si je passais un examen. Les gens sont étonnés de rencontrer une femme et posent plus de questions, croient moins facilement ce que je leur dis et poussent plus loin pour savoir si je connais mon domaine » explique Nathalie Wynants.

Des propos confirmés par Sandrine Kelecom : « Il y a une discrimination flagrante entre les hommes et les femmes dans le domaine du bâtiment. Une femme travaillera-t-elle aussi bien ? Aura-t-elle suffisamment de force ? ».

 

Ces stéréotypes n’ont pas trompé nos deux entrepreneuses. Mais pourquoi alors se lancer dans le milieu ? Qu’en retirent-elles ? 

Pour Nathalie Wynants, le simple fait d’être capable de réaliser un travail d’homme au quotidien représente une véritable satisfaction personnelle.

Sandrine Kelecom est quant à elle contente de ce qu’elle offre aux gens, et ceux-ci le lui rendent bien : « Les clients sont ponctuels dans leurs payements et me remercient pour la qualité du travail réalisé. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, j'ai très rarement des remarques ou des problèmes sur chantier, que ce soit avec les clients ou des collègues du domaine ».

Quelques conseils

Enfin, nous leur avons demandé quelques conseils pour les femmes qui hésiteraient à se lancer dans le milieu de la construction.

Pour Nathalie Wynants, la force de caractère et la persévérance sont de véritables atouts pour pouvoir se faire une place dans le milieu.

 

Sandrine Kelecom souligne l’importance d’avoir de bonnes capacités physiques. Le métier peut parfois être très fatigant, tant physiquement que mentalement. Mais elle ajoute également :

« A partir du moment où vous sentez avoir les capacités physiques, lancez-vous ! Il ne faut pas écouter les « qu’en dira-t-on » et ne pas toujours se remettre en question. Faites-vous confiance. ».

Un groupement de femmes actives dans la construction

Depuis 1996, au sein d’une même région, un groupe réunit les femmes actives dans la construction, comme chef d'entreprise ou encore comme conjointes d'un professionnel du bâtiment. L’objectif de celui-ci est qu’elles se rencontrent une fois par mois afin de s’informer sur différents points comme la fiscalité, la comptabilité ou encore la gestion des ressources humaines.

"Aujourd'hui, les femmes sont actives dans de nombreux secteurs de la construction. Il y a des femmes peintres en bâtiments, des femmes ébénistes ou encore des femmes marbières ! Il y a de celles qui préfèrent être sur le terrain mais aussi d'autres qui sont en charge de l'ensemble de la gestion et de l'administratif d'une société. Et c'est pour cela que nous sommes là avec les PERLE afin de guider et soutenir ces femmes dans leur quotidien professionnel" confie Madame Karin Feron, Présidente du groupe PERLE.  

Des formations sont également organisées dans des sujets très variés afin de répondre aux besoins spécifiques des entreprises.

Pour plus d'informations, consultez leur site internet : www.perles.be